Une interview de Nathalie MENEY, au sujet de son livre du même nom
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Quelles sont les causes les plus courantes de peur de l'eau que vous observez ?
La cause la plus courante est la peur transmise par les parents, c'est une communication non verbale qui se transmet à travers les générations depuis fort longtemps. Il ne faut pas
oublier que l'on apprend à nager beaucoup plus communément depuis les années 1970 seulement. Le projet des « mille piscines » mis en place par le Secrétaire d’Etat chargé de la
Jeunesse et des Sports, Joseph COMITI donna un essor important à la réalisation des piscines entre 1970 et 1980. A l’époque l’idée était de développer les sports et l’apprentissage de la
natation et ce, sur l’ensemble du territoire national.
J'ai d'abord pensé au patient pour qu'il puisse seul, sans être obligé de consulter un thérapeute, être suffisamment aidé, guidé avec cette technique pour aller au bout du processus.
Ensuite, si je suis allée vers cette technique c'est aussi parce que la demande m'a été formulée par les maîtres nageurs que je rencontre dans le cadre de mes interventions jeunesse et
sport pour la révision quinquennale. Chaque fois que j'abordais ces thèmes, ils demandaient des écrits et de la méthode comme support pour conseiller les personnes qui sont bloquées, qui
sont incapables d'aller dans l'eau avec eux.
L'objectif est d'apprendre à se rencontrer. La personne se met dans un état de relaxation dont la technique s'acquiert très rapidement après quelques exercices. Elle se trouve alors dans un état de conscience qui est à la limite entre le conscient et l'inconscient. C'est à ce niveau là que peut commencer le travail. La méthode utilise les cinq sens en réveillant tous les souvenirs de sensations agréables avec l'eau. Nous évoquons les souvenirs agréables déjà vécus avec l’eau ou dans l’eau, pour ensuite intégrer ce ressenti de bien-être avec l'eau au niveau de la peau. Si les souvenirs conscients sont bloqués avec des sensations désagréables, on va modifier l'accès neurologique à ces souvenirs en les remplaçant par des sensations positives déjà vécues avec l'eau. Je n'ai jamais rencontré personne qui n'ait pas eu de sensation agréable avec l'eau, c'est inscrit dans nos mémoires cellulaires, il s'agit juste de permettre à la personne de recontacter cela et de le vivre profondément. On observe généralement à partir de la septième séance, où le processus de réintégration de souvenir positif de sensations avec l'eau est terminé, que les gens commencent à avoir envie d'aller à la piscine, ils deviennent impatients !
Ce sont des exercices d'adaptation à l'eau. A partir de la 8ème séance de sophrologie, on se projette dans l'avenir. On propose de s'imaginer dans un quelques jours, quelques semaines avec l'eau ou dans l'eau. Jusque là, il n'y a jamais une obligation de s'imaginer dans l'eau, ce peut être la contemplation d'une rivière ou l'écoute du bruit de l'eau qui coule. Dans la deuxième phase de la préparation, on se projette dans le futur pour préparer les premières séances avec l'eau. Je vais proposer aux personnes de s'imaginer en train de descendre tranquillement dans un bassin chauffé, sécurisé pour vivre par anticipation la première séance d'adaptation à l'eau. Cette première séance sera préparée pendant 3 semaines, ce qui fait que lorsqu'elle se déroule enfin, elle procure généralement beaucoup d’émotions. Ensuite, tous les exercices consistent à apprendre la respiration, l'immersion, le mouvement, les appuis, l'équilibre et la propulsion. Nous vivons consciemment, avec notre corps, l’adaptabilité. |
La personne doit se faire accompagner si à la lecture de ce livre, elle ne se sent pas la capacité et l'autonomie de s'engager seule dans la démarche, si elle se sent l'envie d'être écoutée et prise en charge. Parfois les traumatismes sont forts et la personne a peur de rester bloquée sur son expérience traumatique. Dans ce cas, il sera sans doute nécessaire de faire une thérapie en amont, quelque soit la technique, cette thérapie peut d'ailleurs être très brève (je conseille particulièrement la PNL et la thérapie par les mouvements oculaires). Au début du livre j'insiste sur la motivation, sur la définition d'objectifs clairs qui demandent un peu de réflexion et peuvent permettre de faire le point avant de démarrer le processus.
En réalité, comme il existe peu de maître-nageurs/sophrologues, la solution sera effectivement de faire appel à différentes personnes selon l'avancement du processus. Les sophrologues sont déjà capables à priori d'accompagner les personnes dans tout exercice de sophrologie, il est bien sûr préférable qu'ils aient été formés à la méthode. Cette technique va être présentée lors d’une tournée de conférences dès la rentrée prochaine, une campagne de communication auprès des professionnels et des particuliers est prévue. Sur le blog du livre – www.aquaphobiebyebye.com, une liste est en train de se construire et sera mise à jour régulièrement pour présenter les sophrologues et les maîtres nageurs formés à cette méthode. Comment en êtes-vous arrivé à élaborer une telle méthode, quel est votre parcours ? Quels sont les résultats obtenus ? Je pratique cette méthode depuis 4 ans. La première fois que je l'ai utilisée, c'est arrivé de manière tout à fait fortuite. Une voisine est venue me voir en sophrologie pour gérer un problème sans rapport direct avec l'eau. En commençant les séances de sophrologie, elle m'a parlé de cette histoire de peur de l'eau, habitant juste à côté de la mer, elle était malheureuse de voir la mer et de ne pas pouvoir y aller. Je lui ai proposé de travailler sur ce sujet et elle a accepté en répondant que comme j'étais maître nageur, je pourrais également l'accompagner dans l'eau. Et l'idée a germée, constatant qu'effectivement j'aimais toujours ce métier. D'ailleurs, tous les étés, je continue à m'occuper d'enfants qui ont peur de l'eau et qui me sont confiés pour traiter ce thème particulier. Nous avons travaillé avec un groupe car elle a souhaité étendre l'exercice à son groupe d'aquagym qui était composé de plusieurs femmes également animées d'une peur de l'eau. Tout s'est très bien passé, tout le monde est arrivé au bout de la démarche, tout le monde a pu s'immerger dans l'eau. Deux personnes sont alors parties en cours particuliers de nage, trois autres ont souhaité que je les suive encore un peu pour aller jusqu'à la mer. Ensuite j'ai enchaîné le travail en individuel, en couple ou en groupes. J'ai pensé que c'était important qu'il y ait une préparation avant l'adaptation à l'eau. Beaucoup de personnes peuvent résoudre leur peur de l'eau simplement avec un maître nageur qui prendra le temps de descendre dans l'eau avec elles, de les sécuriser et de leur transmettre leur savoir. Ma technique s'adresse plus directement à celles qui ont connu des échecs avec la technique d'adaptation à l'eau proposée par les maîtres nageurs.
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